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Prix littéraires
Jean Max Tixier


   Jean Max Tixier

Homme de lettres accompli, il s'essaie avec bonheur à tous les genres : poésie, roman, conte, essai, critique, nouvelles.

Il a reçu en 1994 le Grand Prix littéraire de Provence, le Prix Antonin Artaud en 97 et le Prix Louis Guillaume en 2000.

Il est le lauréat 2009 du Prix Mallarmé.

Le club est en deuil

Le 29 septembre 2009, le poète écrivain Jean-Max Tixier a rendu l’âme dans sa bonne ville d’Hyères où il avait élu domicile avec sa compagne Monique. La bruyante Marseille l’avait vu naître en 1935 ; pour cette raison, la nature l’avait doté d’une voix puissante d’orateur romain. Nous nous souviendrons toujours de lui clamant haut et fort à Roquebrunes Cap Martin en 2008 : « La littérature, tout le monde s’en fout ! ».

Lui ne s’en foutait pas. Il œuvrait jour et nuit, composait ses poèmes, pactisaient avec ses personnages de romans, écrivait avec la rigueur mathématique d’un scientifique, touchant à tous les genres, exploitant toutes les formes narratives. Il nous laisse plus de soixante et dix ouvrages couronnés par divers prix dont le plus prestigieux : le  Mallarmé 2009.

Ecoutons-le dans « le passage de l’enfant » :

 

Non pas chargé de chaînes vint l'enfant. Il serrait contre sa poitrine une brassée d'ombres. Les portes s'ouvrirent devant lui. Les barrières tombèrent. Sans cesser de grandir, il portait ce fardeau. personne ne l'aidait à soulever l'obscur. Personne ne voyait que la nuit le gagnait. ni qu'il avait perdu l'innocence en chemin.

L'aube ne prononce jamais la même parole. Mais l'enfant se souvient de sa lumière. Il emporte le vent chasseur de nuit. Le chant des feuilles aux premières lueurs. L'exaltation du coeur quand le soleil se lève. Sair-il que le noir disparu circule dans ses veine ? que sous sa peau candide il est une autre nuit ?

Dans la musique verte de l'enfance éclot le désir nu. Tandis que la ferveur secrète son écorce, elle chante d'être brûlée. Lumière dans la lumière, elle tresse les voies d'une langue inconnue. La ténèbre retient le fleuve au seuil du gel grevé de songes. Le fanal meurt à l'encontre du vent. Un bruit palpite encore dans les lointains de la parole. Enfance, en soi perdue, témoigne-t-il pour la seule mémoire ?

Extrait de Le manteau de circé, ed Le Taillis Pré, 2003

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